Antoine Beauval : futur installé entre cultures, élevage et abeilles

À 36 ans, Antoine Beauval prépare la reprise de l’exploitation familiale à Saint-Martin-l’Hortier (Seine-Maritime). Salarié sur la ferme de ses parents depuis 4 ans, il affine son projet d’installation en développant peu à peu son propre système agricole, entre polyculture, élevage allaitant et apiculture. Un retour aux sources mûri, structuré, et passionné.

 

 

De l’agro-industrie à la ferme familiale

Antoine n’était pas destiné à reprendre la ferme. « J’ai grandi ici, mais sans y être très impliqué. » Après une formation d’ingénieur à UniLaSalle, il travaille près de 10 ans chez Tereos, acteur majeur de la filière betteravière, dans le Pas-de-Calais.

Mais à l’approche de la retraite de ses parents, l’idée fait son chemin : « Je me suis dit que ce serait chouette, finalement, d’être exploitant agricole. Travailler dehors, être autonome, nourrir les gens… c’est un métier qui a du sens. »

Depuis 4 ans, il travaille donc comme salarié sur l’exploitation, pour se former sur le terrain et affiner son projet.

 

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Une exploitation mixte et en évolution

L’exploitation compte 240 hectares, dont 180 ha de cultures (blé, orge, colza, maïs, lin, luzerne) et 60 ha de prairies. L’élevage laitier a été arrêté récemment, au profit d’un troupeau allaitant en développement.

« On a démarré avec 15 mères, et on a laissé le troupeau grandir naturellement en gardant les femelles. Aujourd’hui, on est à 50 vaches, avec l’objectif d’en avoir 70 à 80. C’est une manière de valoriser les prairies. »

Pour Antoine, l’élevage est exigeant : « Les animaux, c’est tous les jours. Même pendant les périodes plus intenses en plaine. »

 

vaches

 

Préparer son installation : équilibre et stratégie

Antoine envisage de s’installer officiellement d’ici deux ans, lorsque ses parents partiront à la retraite. « Il y a beaucoup de choses à anticiper : les aides à l’installation, les investissements, l’organisation du travail. »

Il est lucide sur les enjeux : « L’installation, c’est un gouffre financier. Il y a beaucoup de choses à anticiper. J’économise depuis que je travaille, et je construis un partenariat avec les banques. De plus, il existe aussi des aides à l’installation. Il faut prévoir et anticiper. Ensuite, il faudra reboucher ce trou petit à petit. »

La main-d’œuvre est une autre question-clé : « Lorsque mes parents partiront en retraite, on ne sera plus que deux, moi à temps plein et un ouvrier à mi-temps. Avant de lancer de nouveaux projets, il faudra trouver un équilibre. Le but est d’avoir un système cohérent et du temps pour vivre aussi. »

Il réfléchit à plusieurs pistes pour le futur : photovoltaïque, méthanisation en collectif, diversification raisonnée… Et l’apiculture, déjà bien engagée.

 

apiculture

 

L’apiculture, une passion complémentaire

Antoine a débuté l’apiculture par curiosité. « J’adore le miel, et le monde des abeilles me fascine. Un ami m’a offert six ruches et je me suis formé au rucher-école de Neufchâtel ensuite. »

Aujourd’hui, il possède 12 ruches, produit environ 200 kg de miel par an, qu’il vend en direct à la ferme ou via des commerçants locaux.

L’apiculture n’est pas qu’un loisir : elle s’intègre pleinement à sa vision de l’agriculture. Il travaille notamment avec Noriap avec une parcelle engagée dans un cahier des charges pour un blé biscuitier, imposant des jachères mellifères favorables aux pollinisateurs.

« C’est complémentaire à l’activité agricole, ça favorise la pollinisation. »

 

Une vision moderne de l’agriculture

Antoine aborde son futur métier d’exploitant avec une vision entrepreneuriale et durable. Ses années d’étude et d’industrie lui ont donné des bases solides en gestion et en organisation.

« Je suis fier de ce métier. On travaille dehors, on est indépendant, on produit quelque chose d’utile. Nourrir les gens, c’est une vraie mission. »

 

 

 

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