4 conseils pour éviter les mammites en élevage laitier

La présence de cellules dans le lait fait l’objet d’une vigilance quotidienne. Elle est susceptible d’augmenter suite à l’infection d’une ou plusieurs vaches, et de dégrader le prix du lait. Beaucoup de mammites peuvent cependant être évitées par des mesures préventives mises en place sur le long terme, et par une approche globale de la santé du troupeau, telle que proposée par Le Cube.

La pathologie numéro un dans beaucoup d’élevages

Les mammites sont une infection de la mamelle générée par des bactéries pénétrant par le sphincter du trayon. Elles déclenchent une réaction inflammatoire qui se manifeste par un afflux de globules blancs, également appelés leucocytes ou « cellules ». Les laiteries pratiquent des pénalités sur le prix du lait à partir d’une concentration cellulaire trop élevée dans le lait, en général au-delà de 250 000 cellules/ml. C’est pourquoi ce critère est particulièrement suivi par les équipes d’analystes du Cube, plate forme digitale qui centralise et analyse les données de l’élevage, pour proposer aux éleveurs des axes d’amélioration en continu. D’après les données du plan national pour la prévention et la réduction des mammites, 40 % des vaches en production seraient concernées : il s’agit de la pathologie numéro un pour beaucoup d’élevages. L’impact économique est estimé à 230 euros par vache et par an (pénalités, baisse de production, coût du traitement antibiotique) pour une mammite clinique.

Une infection visible, ou pas…

Il faut distinguer les mammites cliniques des mammites sub-cliniques. Dans le cas des mammites sub-cliniques, la vache lutte contre l’infection en produisant des leucocytes. Le match est équilibré : il n’y a pas de signe inflammatoire apparent, mais le taux cellulaire du lait est élevé. Dans le cas des mammites cliniques, les bactéries prennent le dessus : l’infection se caractérise par l’apparition de signes visibles au niveau du quartier (gonflé, chaud, dur, douloureux), de la mamelle, ou de l’état général de l’animal. L’aspect du lait peut être modifié par la présence de cailles.

Découvrez ci-dessous les 4 conseils du Cube pour éviter les infections bactériennes de la mamelle :

1. Réduire la pression microbienne dans l’environnement

« L’apparition des mammites a deux origines possibles, explique Pierre Thierry, technico-commercial pour Novial. La transmission de germes à l’intérieur du trayon peut se faire en raison de la pression microbienne dans l’environnement, ou au cours de la traite. Des mesures préventives doivent être mises en place pour empêcher de nouvelles infections, sinon on ne pourra éviter les traitements et les réformes. » Pour le conseiller qui rencontre environ 50 % de troupeaux logés sur aire paillée, la place disponible pour le couchage doit être la première préoccupation. Une trop forte densité d’animaux entraîne en effet une pression microbienne élevée. En outre, il faut éviter au maximum la présence d’humidité favorable au développement des germes dans le bâtiment, en assurant un nettoyage (raclage) et un paillage réguliers, ainsi que l’aération voire la ventilation.

2.Des pratiques d’hygiène bien adoptées

A la traite, les mesures préventives visent à éviter que les germes présents sur la peau de la mamelle n’entrent à l’intérieur des trayons, et que les vaches se contaminent entre elles par l’intermédiaire de la griffe. La première mesure est le contrôle régulier des réglages de l’équipement de traite par un professionnel, car un mauvais fonctionnement peut fragiliser les sphincters des trayons. La seconde est une hygiène rigoureuse, quelque soit la méthode employée : lavettes lavables en tissu, lingettes, spray désinfectant et brossage au robot. « Ces bonnes pratiques sont désormais largement adoptées et ont permis une diminution importante des mammites, observe Pierre Thierry. En outre, l’éleveur a la possibilité en salle de traite de tirer les premiers jets de lait pour détecter la présence de caille. » Après la traite, le trayon est à nouveau désinfecté, et l’accès au couchage n’est pas immédiat pour laisser le temps au sphincter de se refermer.

3. Mettre à profit le tarissement

Tarissement

Quand une mammite se déclare en dépit des précautions, elle doit être soignée le plus tôt possible, ce qui n’est pas toujours facile au cours de la lactation. C’est pourquoi la période du tarissement est souvent mise à profit pour réaliser un traitement antibiotique afin d’assainir la mamelle au repos. Une complémentation spécifique peut également être envisagée (minéral, antioxydant, oméga 3) pour renforcer l’immunité des vaches. Certaines sont néanmoins difficiles à guérir et doivent parfois être réformées pour résoudre une problématique de taux cellulaire élevé.

4. Hiérarchiser les priorités

« La diminution des cellules dans le lait est un objectif qui se travaille dans le temps, estime Pierre Thierry. Des choses toutes simples doivent être mises en place, et parfois des choses plus contraignantes : il est nécessaire de hiérarchiser en commençant par les mesures les plus efficaces. D’où l’intérêt d’un accompagnement régulier, comme nous le faisons avec Le Cube, pour entretenir la motivation de l’éleveur. Plusieurs mois sont nécessaires avant de voir une amélioration. » Il faut se souvenir enfin que le déclenchement d’une mammite est multi-factoriel : il sera favorisé ou amplifié chez une vache fragilisée (déséquilibre alimentaire et/ou immunitaire, période du vêlage). Une approche globale de l’élevage comme celle imaginée par Le Cube peut donc permettre d’espérer de meilleurs résultats.

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