Elevage laitier – les leviers pour améliorer la qualité du lait

La production d’un lait de qualité, riche en protéines et en matière grasse, garantit une bonne rémunération à l’éleveur. Des producteurs engagés dans la démarche Le Cube (plate forme digitale qui centralise les données de l’élevage)  poursuivent cet objectif grâce à l’analyse poussée de leurs pratiques et de leurs résultats. Ils sont capables de constater en quelques semaines les effets des conseils qu’ils mettent en œuvre.

Juger les taux en lien avec la productivité

« Chaque éleveur est un cas particulier. Chaque ration répond différemment. Il n’y a pas de recette miracle. » C’est ainsi que Bertrand Van Wynsberghe, nutritionniste pour Yséo, aborde le sujet de l’amélioration du taux butyreux (TB) et du taux protéique (TP) du lait. Obtenir des taux élevés est intéressant pour obtenir des primes à la qualité. Cependant, cet objectif ne peut être déconnecté de la productivité du troupeau. « Il faut analyser chaque situation de façon globale. Avant de s’acharner à atteindre des taux élevés à tout prix, il peut être plus rentable d’augmenter d’abord le volume de lait. Produire du lait et produire des taux, c’est l’idéal. Mais ce n’est pas toujours facile d’allier les deux en raison du phénomène de dilution. » C’est pourquoi les analystes du Cube, plate forme digitale qui centralise les données issues de l’élevage laitier, ne regardent pas seulement les taux, mais calculent le rendement en kilos de matière grasse et de protéines. Il se situe entre 1,3 et 1,4 kg de matière grasse, et entre 800 et 1000 g de protéines, produits par vache et par jour.

Ration équilibrée et rumen en bonne santé

L’analyse proposée par les services du Cube va ensuite se porter sur la composition de la ration en énergie, en protéines et en fibres ; celle-ci étant très dépendante des ressources fourragères de l’exploitation. Les résultats théoriques de production sont calculés et les éventuels déficits d’apports repérés.

Ration équilibrée et rumen en bonne santé (1)

Les écarts constatés avec les performances réelles de l’élevage sont également analysés à l’aide notamment du profil en acides gras du lait réalisé chaque mois. Ce profil révèle notamment l’état de fonctionnement du rumen, et les éventuels risques d’acidose ou de subacidose, susceptibles de pénaliser la valorisation des fourrages.

Corriger, voire compléter les apports

Si nécessaire, des pistes sont envisagées afin de corriger les apports énergétiques, protéiques et fibreux. Des aliments tels que les graines de lin extrudées riches en acides gras oméga 3, ou à base de protéines by-pass protégées de la dégradation dans le rumen, peuvent se révéler utiles. Des ajustements complémentaires peuvent également être programmés avec l’apport de substances tampon pour améliorer la sécurité ruminale, ou de levures vivantes pour améliorer la dégradation de l’amidon et de la cellulose.

Qualité, diversité, complémentation : des leviers pour progresser

Outre l’approche quantitative des apports (kilos de matière sèche ingérée), il faut bien sûr se pencher sur la qualité des aliments, et notamment des fourrages produits sur l’exploitation. Une bonne conservation des ensilages notamment est un critère influençant les taux. En lien avec le système fourrager mis en place, la diversité dans la composition de la ration est aussi un levier important. « En général, dans mon secteur des Hauts de France, les éleveurs utilisent pour base du maïs ensilage, ainsi qu’un coproduit humide tel que la pulpe de betterave, observe Bertrand Van Wynsberghe. Ils complètent avec un aliment fibreux comme l’ensilage d’herbe, une luzerne ou de la paille. C’est souvent au niveau des fibres que se jouent les écarts de performances entre les élevages. Enfin, la plupart des éleveurs utilisent une ration semi-complète associée à une complémentation individuelle par vache. Ce type de complémentation permet plus facilement de jouer sur les taux. »

Le Cube valide rapidement le conseil technique apporté

D’après le nutritionniste, l’avantage de la démarche Le Cube est d’être capable de valider très rapidement les pistes de modifications réalisées au niveau de la ration, d’un point de vue technique et économique. Car les effets des conseils apportés sont visibles dès le mois suivant grâce notamment à l’analyse du profil en acides gras du lait. « C’est un réel progrès dans l’approche technique de la ration » reconnaît Bertrand Van Wynsberghe.

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