Grégoire Leleu : changer le regard des consommateurs sur l’agriculture
À Saint-Fuscien (Somme), la famille Leleu conjugue héritage agricole et modernité. Depuis 2018, elle transforme 550.000 litres de lait par an sous la marque FermOgout. Mais au-delà de la performance, c’est une vision engagée de l’agriculture que défend Grégoire Leleu : transparence sur les pratiques, valorisation d’un terroir et d’un savoir-faire, et volonté de parler vrai. À ses yeux, l’agriculture doit aussi se repenser à travers la formation des futurs installés : un BTS ACSE ou un parcours à l’école ne suffisent plus s’ils ne prennent pas en compte les réalités du terrain, les normes, ou la gestion fiscale. Il alerte aussi sur la disparition des formations en élevage dans son département, pourtant cruciales pour faire vivre des filières encore bien présentes. Et il compte sur les consommateurs pour jouer leur rôle : acheter local, c’est soutenir une ferme, un modèle et une ambition collective.
C’est une histoire de transmission et de complémentarité. À Saint-Fuscien, le GAEC Saint-Gérard a su faire évoluer son modèle en combinant les savoir-faire de deux générations : le père, qui cultive les 105 hectares de terres ; Thomas, qui pilote l’élevage des 90 vaches laitières et son frère Grégoire, qui a fait le choix de la transformation pour créer de la valeur. Une organisation au cordeau qui a permis, dès 2018, l’ouverture d’un laboratoire de 260 m² et la naissance de FermOgout, leur marque de produits laitiers.
Aujourd’hui, ce sont 50.000 yaourts, 2 tonnes de fromage blanc et 200 kg de fromage qui sortent chaque semaine de la ferme. Autant de produits transformés par une équipe de 7 salariés et 3 apprentis, portée par une dynamique résolument tournée vers l’avenir.
Du lait en or (et en bronze)
Au Salon international de l’agriculture 2025, FermOgout n’est pas passée inaperçue : la ferme familiale a décroché une médaille d’or pour son fromage blanc et le bronze pour son yaourt aux fruits au Concours général agricole. Une reconnaissance qui vient couronner des années de travail et de rigueur.
Mais au-delà des médailles, c’est une philosophie qui se dessine : « On veut convaincre le consommateur de regarder d’un autre œil le métier d’agriculteur et voir valorisée la qualité de nos produits », insiste Grégoire Leleu.
Diversifier pour exister, s’adapter pour durer
Depuis la boutique à la ferme jusqu’aux restaurants d’entreprise, FermOgout s’inscrit dans une logique d’ouverture. La diversification génère aujourd’hui un chiffre d’affaires de 1,5 M€, réparti entre :
30 % de vente directe et via revendeurs (magasins, crémeries),
40 % de fourniture à la restauration collective dans la Somme (collèges, lycées…),
30 % de distribution en restauration hors domicile (entreprises, plateaux-repas).
Les produits sont présents dans une cinquantaine de points de vente (répartis entre la Somme et la région parisienne) et chez une centaine de clients de restauration collective. Un maillage dense, pensé pour répondre à une demande croissante de produits locaux et de qualité.
Et d’alerter sur une faiblesse structurelle : « Aujourd’hui, dans un modèle comme le nôtre, on paie aussi un manque d’investissement des établissements scolaires sur la partie élevage, dans notre secteur en tout cas. Il y a encore des vaches laitières dans notre secteur, mais depuis 20 ans, il n’y a plus de formation sur l’élevage dans notre département. Aujourd’hui, nous sommes de nombreuses exploitations dans la Somme à rechercher du personnel pour nos élevages, et on n’en trouve pas. »
De la ferme aux grandes tables : un défi à relever
Pour Grégoire Leleu, valoriser un produit local, c’est aussi le faire reconnaître au plus haut niveau. « Un défi intéressant à relever aujourd’hui, ce serait d’être plus présent chez des clients en lien direct avec l’État, sur des budgets publics – Élysée, Sénat, gendarmeries, prisons… On aimerait montrer qu’on fait de bons produits dignes d’être proposés à leur table ! »
Une ambition cohérente avec leur démarche : exigence de qualité, lien au territoire et volonté d’incarner une agriculture fière, responsable et transparente.
« Mieux manger, manger moins » : un virage sociétal
L’ouverture d’une boutique à la ferme illustre un mouvement plus large : « Il y a une prise de conscience des consommateurs, sur le mieux manger et le manger moins. » Le lien direct, le dialogue, l’éducation au goût… autant d’éléments clés pour cette famille qui revendique son ancrage local, mais rêve aussi de voir ses produits « valorisés jusqu’aux tables des grandes instances publiques de l’État ».
Une coopérative à l’écoute
Adhérent de Noriap, Grégoire Leleu se dit « fier » de constater que sa coopérative est solidement ancrée dans son territoire et porteuse de valeurs alignées avec les siennes. « Notre coopérative est très intéressée par nos retours terrain et nous sollicite régulièrement pour recueillir nos avis et attentes. Cela permet aux agriculteurs de participer aux prises de décisions, et c’est important. »
S’il se montre exigeant – comme il l’est envers lui-même – c’est aussi pour encourager une dynamique positive : « Ce qu’on attend d’une coopérative, c’est qu’elle puisse s’adapter au marché et aux modèles de ses adhérents, quels qu’ils soient. » Une relation fondée sur la co-construction, au service d’une agriculture moderne et diversifiée.
Pour aller plus loin : retrouvez le témoignage complet de Grégoire Leleu dans notre vidéo Vie d’Agri : 🔗https://youtu.be/a4i6kaDPM6I
En mars 2026, 1,07 km de haies ont été implantés sur l’exploitation de Christophe Verschuere, agriculteur à Sommereux (60). Ce projet illustre concrètement la mobilisation conjointe de plusieurs acteurs pour accompagner les agriculteurs dans la transition agro-écologique.
Pour la moisson 2026, la coopérative Noriap recrute plus de 300 saisonniers dans ses silos situés dans les Hauts-de-France et en Seine-Maritime. Chaque été, ces jobs d’été agricoles permettent de renforcer les équipes durant l’une des périodes les plus importantes de l’année pour les agriculteurs. Travailler comme saisonnier pour la moisson 2026, c’est vivre une expérience unique au cœur du monde agricole, découvrir le fonctionnement d’une coopérative et participer directement à la collecte des récoltes.
Dans le cadre du programme TRANSITIONS by Noriap, la Chambre d’agriculture de la Somme et Noriap unissent leurs expertises pour construire un modèle d’accompagnement technique et agronomique au service des agriculteurs. Fondé sur un socle commun et une synergie de moyens, ce partenariat repose sur une forte complémentarité entre les deux structures, avec pour ambition d’aider les exploitations à progresser vers des pratiques plus durables et résilientes.
Annoncé lors du lancement de son projet d’entreprise Nouvelle Ère 2030 en janvier 2025, le développement de filières agricoles amont-aval, ancrées dans les territoires et créatrices de valeur, constitue un axe structurant de la stratégie du groupe Noriap. Dans ce cadre, la coopérative s’engage aujourd’hui dans le projet Marianne, une initiative réunissant producteurs, coopérative et acteurs de l’aval autour d’un objectif commun : valoriser une pomme de terre française issue du savoir-faire agricole de ses territoires, jusqu’au consommateur.
Depuis son installation pendant le Covid, Damien Van Isacker partage son quotidien d’agriculteur sur les réseaux sociaux sous le nom @bonsenspaysan. À travers ses vidéos, il contribue à reconnecter agriculture et société, en expliquant concrètement son métier d’agriculteur. Car sur sa ferme, il ne cultive pas seulement du blé, des légumes ou du lin : il cultive aussi un lien avec la société. Le grand public, les voisins, les associations… et aujourd’hui, des milliers d’internautes.
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