Portrait de Pauline Caradec, polycultrice-éleveuse de pondeuses

Pauline Caradec, 24 ans, représente la quatrième génération à la tête de l’exploitation familiale située à Chirmont, dans la Somme (80). Depuis juin 2024, elle dirige la ferme en polyculture et élevage avicole, avec un cheptel de 15 000 poules pondeuses. Elle a repris précipitamment l’exploitation de son oncle suite à son décès.

 

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« Depuis toujours, je savais que je voulais travailler dans l’agriculture, mais avant de revenir sur la ferme familiale, je souhaitais explorer d’autres horizons et découvrir le secteur para-agricole », explique-t-elle.

Pauline Caradec a ainsi fait le choix des études. Après un BTS ACSE (analyse, conduite et stratégie de l’entreprise agricole) à l’Institut de Genech (59), elle a poursuivi avec une licence en droit, économie et gestion, puis un master en gestion de patrimoine à L’IAE d’Amiens. Ces formations, réalisées en alternance au Crédit Agricole, lui ont valu d’y être embauchée en tant que chargée d’affaires spécialisée en agriculture.

Le 26 juin 2024, Pauline a dû faire face au décès de son oncle, précipitant son retour sur l’exploitation familiale. Face à cette épreuve, elle a pris la décision de quitter son poste au Crédit Agricole pour se consacrer pleinement à la gestion de la ferme.

Pauline Caradec


Une installation précipitée sur l’exploitation familiale

En reprenant l’exploitation, elle a souhaité conserver l’ancrage familial tout en modelant la ferme à son image, notamment en modernisant les systèmes de production.

Côté plaine, l’exploitation repose sur un système de polyculture diversifié avec :
Céréales : blé, escourgeon, orge de printemps
Oléagineux et protéagineux : colza, pois, féveroles, avoine, maïs
Cultures industrielles : betteraves, pommes de terre

Pauline souhaite mettre en place une agriculture de conservation des sols, avec des techniques de semis simplifiés. L’objectif ? Lutter contre l’érosion et assurer une couverture permanente de ses sols.

L’exploitation comprend également deux bâtiments de poules pondeuses :

  • 10 000 poules Bio Cocorette, dont 20 % de la production est vendue en direct
  • 5 000 poules plein air.

Pauline souhaite développer la vente directe en mettant l’accent sur les œufs bio, et pourquoi pas en impliquant aussi sa sœur, infirmière dans une polyclinique, qui l’aide déjà sur la partie commerce et communication. Elle envisage de multiplier les débouchés en travaillant avec des restaurateurs, marchés locaux et circuits courts.

 

éleveuse pondeuses

Pour Pauline, le véritable défi a été de prendre seule les rênes de l’exploitation et d’assurer la gestion de la ferme du jour au lendemain.

« Ce qui marque vraiment mon installation, c’est que je me suis retrouvée seule, du haut de mes 23 ans, à piloter l’exploitation au pied levé. Un élevage, ça n’attend pas. » explique-t-elle.

Pauline trouve cependant sa motivation dans le regard de ses grands-parents, fiers de la voir assurer la ferme, et avec le soutien son entourage.

 

Préparation à l’installation : l’importance d’être accompagnée

Pour Pauline, la préparation à l’installation est essentielle sur les plans administratif, juridique et fiscal. Lors de son installation, elle a été accompagnée par les juristes, comptables et conseillers en gestion du CER France, ainsi que par le Crédit Agricole et les notaires. Cet accompagnement lui a permis de structurer son projet de manière optimale et de répondre à toutes les exigences liées à son exploitation.

Pauline a également été bien entourée dans la gestion de la partie culture, avec l’aide de ses techniciens Noriap, notamment Christian Lamont, l’ATC de la famille depuis toujours.

« Avec Christian, ça a été facile, détaille Pauline. C’est le technicien de la famille depuis longtemps et il est très disponible. Et avec Quentin, qui va le remplacer, nous avons le même âge et la même approche, ce qui rend les échanges fluides. Je peux les appeler chaque fois que je rencontre une difficulté, et j’ai une réponse rapide. C’est un réel point fort pour l’exploitation. »

Dans la gestion de la partie élevage avicole, Pauline bénéficie de l’accompagnement de Guillaume Lafargue, son technicien Novial, qui assure le suivi de ses deux bâtiments de poules pondeuses.

 

Pauline polycultrice éleveuse

 

Polyculture, élevage… et gestion en véritable chef d’entreprise

Les journées de Pauline sont bien rythmées, 7 jours sur 7. Ses matinées sont consacrées à l’élevage de pondeuses : elle commence par un tour dans ses deux bâtiments, puis elle enchaîne avec le ramassage des œufs de 8h à 10h30, pour enfin s’atteler au nettoyage des salles. Cette routine change au moment du vide sanitaire, qui dure un mois.

Le reste de sa journée est consacré aux cultures. « S’il y a du soleil, on tente d’aller semer. S’il n’y a pas de vent, on va traiter. C’est le cycle cultural et la météo qui dessinent mes journées », explique Pauline.

La jeune femme optimise ses semaines de travail en planifiant ses rendez-vous administratifs en semaine, afin de se consacrer pleinement aux travaux des champs le week-end.

Selon Pauline, le métier d’agriculteur a beaucoup évolué ces dernières années. Si les innovations techniques ont allégé les contraintes physiques, la charge de travail au bureau a en revanche augmenté, que ce soit avant ou après la récolte.

« Au temps de nos grands-parents, pour être agriculteur, il suffisait de semer, traiter et livrer. Aujourd’hui, il faut être à la fois sur le terrain et au bureau, savoir vendre, acheter au bon prix, se démarquer de la concurrence, suivre les différents cours (engrais, blé…) et gérer toute la partie administrative », souligne Pauline, qui conclut : « Nous sommes devenus des agri-managers ! »

 

Retrouvez Pauline le vendredi de 8h à 13h au marché de Dury et le samedi au marché sur l’eau à Amiens. N’hésitez pas à la suivre aussi sur les réseaux sociaux !

 

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