Semoir dispersant des semis

Semis Direct : avantages et limites

Le semis direct est une technique qui consiste à implanter la graine sous couvert. A la différence du labour et du semis traditionnel, le semis direct présente de nombreux avantages pour le sol et la culture. Le semis direct est un terme générique qui regroupe plusieurs types de gestion allant jusqu’à la suppression complète du travail du sol (« no tillage »). Son objectif est d’améliorer la capacité productive du sol en apportant des avantages qui concernent différents postes du système de production.

Néanmoins, le semis direct nécessite quelques règles de mise en place et du matériel spécifique à l’instar du labour traditionnel. Le travail du sol est l’activité qui transforme le plus le comportement physique et chimique du milieu, car elle engendre des modifications sur la quasi-totalité des propriétés du sol : la porosité, la densité, la rétention en eau, l’activité biologique ou encore la répartition chimique des éléments. L’objectif de cette étape est de favoriser un état structural favorable à l’enracinement et à la productivité des cultures.

Semis direct vs Labour traditionnel : on vous dit tout !

Améliorez la vie biologique de votre sol 

Favorisez la fertilité et les relations eau-sol-plante

Qui dit semis direct dit absence de retournement et de fragmentation des horizons superficiels du sol. Ceci permet une accumulation en surface de résidus de récolte constituant un mulch qui modifie l’interface sol/atmosphère, le protégeant ainsi de l’érosion hydrique et/ou éolienne. Ces résidus forment aussi un microclimat qui tamponne les aléas climatiques : atténuation des variations de température du sol, limitation de l’évaporation et amélioration du bilan hydrique ! La couverture du sol a un rôle important dans l’économie de l’eau en particulier dans les zones sèches. Elle réduit aussi la température ralentissant le taux de minéralisation de la matière organique.

Le mulch va favoriser une forte activité biologique (macro et mésofaune, microfaune) dont l’effet sera l’amélioration du bilan organique (amélioration de la teneur en matière organique et en carbone), en qualité et quantité à la fois en surface et en profondeur par un remaniement perpétuel des différents horizons.

 

SEMIS DIRECT

Ce remaniement biologique et l’utilisation des plantes avec un système racinaire profond et restructurant vont permettre l’amélioration physique et l’aération du profil cultural par l’entretien d’une forte macroporosité et la création d’une structure du sol stable (augmentation des réserves en eau et en éléments nutritifs accessibles aux cultures).

La couverture permanente limitera la lixiviation en cations (Ca2+ et Mg2+) et anions (NO3-) et favorisera le recyclage des éléments minéraux.

A terme, ces évolutions conduisent à un état physique que l’on peut qualifier de « pseudo équilibre ».

 

A noter : le semis direct permet aussi de valoriser des parcelles jugées impropres à l’agriculture car en pente ou avec une faible épaisseur de sol… car il s’adapte parfaitement aux terres superficielles. 

Economisez en charges et en temps de travail !

A cet effet bénéfique sur le milieu et sa fertilité, nous pouvons ajouter les avantages au niveau micro-économique du semis direct qui sont indéniables :

  • Forte diminution d’intrants (carburant, usure des outils agricoles…).
  • Gain de temps permettant une réduction des charges de personnel.
  • Réduction du « parc matériel » (attention à ne pas tout dématérialiser) et souplesse dans les calendriers culturaux (moins d’opérations et parcelles plus praticables).

 

Le labour conventionnel : une technique éprouvée.

Les avantages du labour sont réels. Réalisé en bonnes conditions il permet une limitation de la compaction superficielle, une redistribution des éléments minéraux et de la matière organique en profondeur et la réoxygénation du sol (= activation de la vie microbienne). La création de macroporosité permet une amélioration du stockage de l’eau de pluie. Il s’agit d’un levier de restauration d’un sol avec un horizon compacté.

Cette intervention provoque toutefois une accélération de la minéralisation en constituant un système « ouvert » ce qui entraine la circulation des nutriments. A terme ce déséquilibre fera augmenter le poste engrais. Réalisé dans de mauvaises conditions le labour peut créer une semelle de labour difficilement récupérable. Sans oublier le fait qu’il s’agit d’une intervention chronophage et onéreuse !

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Choisir le semis direct, c’est aussi s’adapter

Le but du semis direct est d’obtenir la meilleure couverture du sol dans le temps. On va parler d’un système plus « fermé » où les éléments lixiviés sont repris par les racines présentes en profondeur : les pertes sont donc limitées.

Nous l’avons évoqué, le semis direct est une réponse face à l’érosion et à la déstructuration des sols. 

Cependant, comme toute technique pour qu’elle soit une réussite, elle nécessite d’en maîtriser les différentes étapes et d’adapter son itinéraire technique, son matériel et ses cultures  : 

 

Adapter ses traitements herbicides et fongicides 

Là où le labour jouait un rôle essentiel dans la lutte contre les adventices, celle-ci doit être menée par d’autres moyens : les herbicides. Avant de se lancer dans le semis direct, il est fortement conseillé de réaliser une évaluation écologique de la flore présente sur vos parcelles. L’objectif est de connaître les espèces contre lesquelles il faut lutter.

Les herbicides totaux permettent de régler beaucoup de problèmes durant l’interculture mais il faut penser rotation. Des essais montrent que la gestion des adventices est plus efficace dans les systèmes culturaux à couverture de surface morte (il faut bien choisir les espèces de couvert !). Dans ce cas, le besoin en herbicide est réduit ou éliminé. Mais souvent, ces résultats ne reflètent pas la réalité terrain et dans de nombreux cas l’itinéraire technique comporte un à deux désherbages supplémentaires à la suite d’erreurs techniques.

La présence de résidus en surface peut favoriser le développement de maladies et de parasites des cultures, ce qui conduit aux recours des produits de protection des plantes (PPP).

 

Adapter son matériel

Pour de nombreux agriculteurs, l’investissement dans du matériel adapté est souvent un frein. Cependant, cet investissement procure par la suite une diminution des charges de mécanisation.

 

SEMOIR DIRECT

Adapter ses cultures 

Elle dépend essentiellement du type de sol mais on observe une évolution de la compacité. Très peu de références sur le long terme, il semblerait que cela n’engendre pas de limites à l’implantation et au développement des cultures.

 

Pour conclure

Se lancer dans le semis direct n’est pas la solution à tous les problèmes mais comporte beaucoup d’avantages. Il faut passer par une phase d’adaptation, comme pour tout changement, en se préparant bien et en étant conscient des forces et des faiblesses de cette technique. La transition se fera progressivement et en douceur. Le contrôle des adventices et le chaulage sont des pistes d’améliorations pour avancer dans l’agriculture de conservation, dite durable.

Participer à des forums et des groupes d’échanges constituent aussi une bonne démarche pour profiter des retours d’expériences de chacun et partager avec des collègues partis dans la même direction.

 

Et n’oubliez pas, pour réussir correctement sa transition vers l’agriculture de conservation il est judicieux d’entamer une formation afin d’appréhender l’ensemble des techniques et méthodes. 

 

Et vous ? Avancer ensemble en agriculture de conservation : ça vous tente ?

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