La transformation pour mieux valoriser le lait

Installée en GAEC avec son mari dans le Pays de Caux, en Seine-Maritime, Ingrid Guillebert incarne une agriculture diversifiée. Entre élevage laitier, grandes cultures et transformation à la ferme, elle a construit un projet ancré dans son territoire et porté par une vraie envie de donner du sens à son métier.

📽️🎬 Découvrez Ingrid Guillebert en vidéo 🎬📽️

Avant de rejoindre l’exploitation familiale, Ingrid Guillebert travaillait en grande distribution. Une reconversion mûrement réfléchie, concrétisée par l’obtention d’un BPREA (Brevet Professionnel Responsable d’Entreprise Agricole) en un an, et par un parcours complet pour devenir jeune agricultrice.

Installée officiellement en décembre 2024, Ingrid a repris les parts de sa belle-mère au sein du GAEC qu’elle gère aujourd’hui avec son mari Matthieu.

« Je ne voulais pas arriver sur l’exploitation sans rien apporter », confie-t-elle. Dès le départ, son projet était clair : développer la transformation laitière pour créer de la valeur ajoutée.

Pour se former, Ingrid a choisi de partir en montagne. Un choix stratégique, car les stages en transformation sont rares dans le Pays de Caux. Là-bas, elle a pu apprendre directement auprès de professionnels expérimentés, découvrant les gestes, les techniques et le rythme nécessaires pour réussir dans ce secteur exigeant

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Une exploitation structurée et diversifiée dans le Pays de Caux

Le GAEC Ferme de l’Abbaye exploite aujourd’hui 116 hectares en Seine-Maritime. L’assolement est réparti ainsi :

  • 30 ha de maïs
  • 30 ha de blé,
  • 15 ha de lin,
  • 3 ha de betteraves,
  • La surface restante est consacrée aux plantes fourragères.

Les cultures de blé, de lin et de betteraves sont commercialisées via la coopérative Noriap, tandis que le maïs est entièrement dédié à l’alimentation du troupeau. Cette organisation permet d’assurer une cohérence entre les ateliers cultures et élevage, tout en sécurisant les débouchés.

Le lin occupe une place particulière sur l’exploitation. Présent depuis toujours, il s’est fortement développé ces dernières années, notamment en raison d’un contexte de marché favorable. Implanté sur des terres limoneuses typiques du Pays de Caux, il bénéficie de conditions pédoclimatiques idéales, permettant d’atteindre une qualité reconnue. Culture technique et exigeante, le lin demande une grande rigueur à chaque étape, de l’arrachage au stockage.

Une fois récolté, il est et valorisé en fonction de sa qualité. Selon les lots, il peut être destiné à des usages industriels ou à la filière textile.
L’exploitation fonctionne en synergie, avec Ingrid, son mari associés, et un salarié à 35 heures. 

 

Transformation du lait 

L’exploitation compte en moyenne 80 vaches laitières, composées de Normandes, reconnues pour la qualité du lait, et de Prim’Holstein, appréciées pour la quantité produite.

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L’alimentation du troupeau est basée sur une ration diversifiée : maïs, betteraves fourragères, pulpe, aliments concentrés et drèches.

La transformation laitière est une activité historique sur la ferme, développée depuis près de 30 à 40 ans avec la fabrication de beurre et de crème. En s’installant, Ingrid a choisi d’aller plus loin en structurant et en diversifiant cette activité, avec la création d’une gamme complète de produits laitiers : yaourts nature et aux fruits, crèmes dessert chocolat et vanille, fromages blancs, faisselles et fromages lactiques.

La production reste volontairement artisanale, avec un objectif de qualité et de proximité plutôt que de volume industriel. Chaque semaine, une journée est consacrée à chaque type de fabrication : les yaourts et crèmes dessert le mardi, les lactiques le mercredi, le beurre le jeudi, et les livraisons le vendredi. La crème est produite tous les trois jours, en fonction du ramassage du lait, pour garantir fraîcheur et qualité.

« Au départ, j’ai commencé avec une grosse casserole et un réchaud pour faire mes yaourts, puis j’ai investi dans un pasteurisateur de lait, une table d’égouttage, une cave d’affinage et des moules pour le fromage, en faisant grandir l’activité petit à petit sans prendre de risques », explique Ingrid.

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La commercialisation repose sur plusieurs canaux :

  • Vente directe à la ferme,
  • Marchés hebdomadaires,
  • Cinq commerces de proximité partenaires.

Les clients viennent pour la qualité et la fraîcheur des produits, qu’ils soient locaux, touristes ou propriétaires de gîtes. Cette approche artisanale permet à l’exploitation de valoriser le lait et d’apporter une véritable plus-value.

« Ce qui me plaît dans la transformation, c’est de créer quelque chose par moi-même, et de voir que mes produits plaisent aux gens tout en restant artisanaux », confie-t-elle.

Miser sur la complémentarité des ateliers

Pour Ingrid, la diversification représente un véritable levier de stabilité. La complémentarité entre les ateliers élevage, cultures et transformation permet de mieux absorber les aléas économiques ou techniques et de sécuriser l’équilibre global de l’exploitation.

Dans les années à venir, son objectif est avant tout de consolider l’existant. Elle souhaite que l’exploitation continue de fonctionner sur le même modèle, avec des ateliers performants et équilibrés, tout en poursuivant une organisation fondée sur le travail en famille et la pérennisation de l’outil de production.

 

 

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