Maïs ensilage 2026 : 3 leviers pour préserver les performances du troupeau laitier

La récolte de maïs ensilage 2026 est atypique. Face à des rendements en baisse et à des valeurs alimentaires différentes des années précédentes, les éleveurs laitiers vont devoir adapter leurs pratiques. Bilan fourrager, ajustement des rations aux stocks disponibles et surveillance du troupeau : plusieurs leviers peuvent être activés pour sécuriser l’alimentation des vaches laitières et maintenir les performances technico-économiques de l’élevage.

Les premières estimations font état d’une baisse de rendement du maïs ensilage de l’ordre de 10 à 25 %, conséquence notamment de la sécheresse de l’été 2026.

Dans ce contexte, l’enjeu de la campagne sera de maintenir la performance technico-économique du troupeau laitier malgré un maïs ensilage atypique. Thierry Noël, responsable technique chez Yséo, identifie trois points de vigilance prioritaires.

Connaître son stock fourrager

Premier enjeu : connaître précisément les stocks de fourrages disponibles. L’objectif est de disposer de suffisamment de ressources pour « tenir » au moins jusqu’au 15 septembre 2027.

Pour y parvenir, l’éleveur doit faire le point sur ses stocks et anticiper ses besoins afin d’adapter la ration sur l’ensemble de l’année.

Un bilan fourrager peut être réalisé avec l’accompagnement des équipes d’Yséo et l’outil d’aide à la décision My ICF.

En cas de déficit, plusieurs solutions peuvent être envisagées à partir des ressources disponibles sur l’exploitation. L’une d’elles consiste à implanter des intercultures au printemps. L’achat de coproduits humides, comme les pulpes surpressées, ou d’aliments substituts de fourrages, constitue également une possibilité. La stratégie dépendra du déficit à combler et des contraintes de l’élevage (équipement, stockage, main d’œuvre).

La gestion du troupeau constitue un autre levier pour optimiser les ressources disponibles : éliminer les vaches « gaspi », réserver prioritairement le maïs aux vaches laitières et passer les génisses sur une ration sèche, composée de foin, de paille et de concentré.

Connaître les valeurs des fourrages

 Au-delà des quantités disponibles, il est indispensable de connaître précisément la valeur des fourrages récoltés en 2026.

« On note moins d’amidon en moyenne, avec des épis moins gros et moins remplis, souligne Thierry Noël. Mais il ne faut pas oublier que la composante principale du calcul de la valeur énergétique est la partie des tiges et des feuilles ; leur digestibilité sera elle aussi très disparate, donc la valeur UFL également, certainement à la baisse de quelques % en moyenne… »

Dans ce contexte, l’analyse du maïs ensilage est essentielle pour connaître sa valeur alimentaire et le profil de l’ensilage, et ajuster la ration en conséquence. Elle permettra d’optimiser l’utilisation du fourrage disponible tout en maintenant les performances du troupeau.

Surveiller le troupeau

La transition entre le maïs ensilage 2025 et celui de 2026 demandera une vigilance particulière, tant les deux récoltes sont différentes en termes de matière sèche, d’ingestibilité, de pH, de profil fermentaire, d’accessibilité de l’amidon, de digestibilité…

« Le maïs met trois semaines à se stabiliser et la panse des vaches met également trois semaines pour s’adapter. Au total, ce sont pas moins de 6 semaines de transition que chaque éleveur doit piloter », rappelle le responsable technique.

L’éleveur doit surveiller son troupeau jusqu’à novembre-décembre.

Autre point de vigilance : les effets du maïs 2026 ne seront pas nécessairement visibles immédiatement. Des stocks d’ensilage de maïs 2025 sont encore présents dans certaines exploitations. « L’éleveur doit surveiller son troupeau jusqu’à novembre-décembre », conseille Thierry Noël.

Être vigilant à l’échauffement du maïs

Le maïs 2026 étant spécifique, sa conservation sera également plus délicate. L’utilisation de conservateurs permet d’orienter les fermentations de façon favorable et de limiter les pertes.

« Le maïs pourra reprendre en échauffement lorsqu’il sera dessilé et distribué à l’auge », indique Thierry Noël.

Cet échauffement peut entraîner une perte d’énergie et une diminution de l’ingestion par les vaches. Pour limiter ce phénomène, le conseil est d’ajouter du Qualysil Protect à hauteur de 1 à 2 % de la ration chaque jour, afin d’éviter que le maïs ne chauffe, parfois même en conditions extrêmes même s’il a été ensilé avec un conservateur.

Les conséquences peuvent également être indirectes, notamment sur la reproduction et l’immunité. Si la ration n’est pas adaptée, les vaches et génisses vont puiser dans leurs réserves et risquent de s’amaigrir avec toutes les conséquences que l’on connait.

Face à ce maïs ensilage 2026 atypique, trois priorités se dégagent donc : anticiper les stocks disponibles, connaître précisément la valeur des fourrages et surveiller l’évolution du troupeau et de l’ensilage. Des leviers essentiels pour adapter la ration tout au long de la campagne et préserver la performance technico-économique de l’élevage.

📞​ Pour toute question, les éleveurs de ruminants sont invités à contacter Yséo en Ligne au 03 22 50 44 22.

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