Nicolas Patte : « L’agriculture est un métier dur, mais passionnant »

Dans un contexte où les attentes sociétales évoluent plus vite que les habitudes de consommation, où les contraintes administratives se multiplient et où la main-d’œuvre fait cruellement défaut, Nicolas Patte continue d’exercer son métier avec passion. Éleveur et agriculteur au GAEC du Cheval blanc, à Domart-en-Ponthieu (Somme), il partage son quotidien et sa vision d’une agriculture qu’il veut positive et ouverte, pour susciter des vocations et encourager les jeunes à s’installer.

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Avec 65 vaches laitières de races Prim’Holstein et Montbéliarde, et 50 vaches allaitantes de race Blonde d’Aquitaine, une production de 600 000 litres de lait par an, 250 hectares de cultures (blé, orge d’hiver, colza, pois de conserve, betteraves, maïs, luzerne et ray grass de semences) et 44 hectares de pâtures, le GAEC du Cheval Blanc est une exploitation en polyculture-élevage qui repose sur une gestion rigoureuse et un travail quotidien.

Nicolas Patte, 33 ans, travaille aux côtés de son père et de son oncle. “On commence la journée à 6h, chacun a ses tâches : alimentation des veaux, paillage, mélangeuse… J’essaie d’être rentrés à 8h, pour emmener mes enfants à l’école. Ensuite, la deuxième journée commence : travail des champs, gestion des cultures, suivi du troupeau…

Un rythme intense, mais que Nicolas ne changerait pour rien. Travailler dehors, voir la plaine qui évolue, les bêtes heureuses… C’est une satisfaction quotidienne.”

Un modèle sous tension

L’exploitation repose sur un équilibre entre production laitière et cultures. “Le lait, c’est une paye tous les mois. Ça garantit un revenu stable, mais il y a du travail derrière.” Le vrai problème ? Le manque de main-d’œuvre.On ne peut pas être 24h/24 sur nos fermes, il va falloir trouver des solutions.”

À cela s’ajoute un poids administratif grandissant : “Nos grands-parents bossaient dur physiquement, mais aujourd’hui, on en bave mentalement avec les normes, les mails, les déclarations… On passe notre temps à vérifier ce qu’on a le droit de faire ou pas.”

L’évolution des modes de consommation, un sujet en suspens

Pendant la crise du COVID, Nicolas a vu le grand public se rapprocher des agriculteurs et privilégier les circuits courts. Mais cette tendance n’a pas forcément duré : « Les gens disent nous soutenir, mais dans les supermarchés, les habitudes reviennent vite… »

Le lien entre agriculteurs et consommateurs est essentiel, mais selon lui, il reste fragile tant il manque encore des actes concrets pour assurer une meilleure valorisation des productions locales. “Il faut faire confiance aux agriculteurs. On aime notre métier, on fait du mieux qu’on peut. Mais pour que l’agriculture de demain soit viable, il faut donner aux jeunes l’envie et les moyens de s’installer.”

L’élevage, une filière d’avenir ?

Les défis sont là, mais il faut avancer. “On ne peut pas tout révolutionner du jour au lendemain. Mais on s’adapte. Moins de labour, plus de semis simplifié… On cherche des solutions.”

Et malgré ces contraintes, Nicolas Patte ne se voit pas faire autre chose. L’éleveur samarien reste plus que jamais convaincu que ce métier mérite d’être transmis. “Il nous faut montrer une agriculture positive. L’élevage, c’est exigeant, mais c’est passionnant. Il y a des opportunités pour les jeunes motivés, il leur faut les saisir.”

 

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