Avec TRANSITIONS, « adapter mon exploitation aux réalités climatiques »

Sur la SCEA du Clercy, à Goderville (76), Frédéric Malo a choisi d’engager l’ensemble de son exploitation dans le programme TRANSITIONS. Son objectif n’est pas de modifier à la marge ses pratiques, mais d’adapter son système pour continuer à produire durablement, sécuriser sa ferme face aux aléas climatiques, renforcer sa résilience agronomique et répondre aux attentes de son territoire. Son engagement s’inscrit dans une réflexion de fond sur l’avenir de son exploitation.

 

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L’exploitation couvre 220 hectares. Blé, colza, lin, betteraves sucrières, orge, pommes de terre, féveroles composent un assolement diversifié. Toutes ses pommes de terre sont commercialisées en circuits courts dans un rayon d’une centaine de kilomètres.

Mais depuis plusieurs années, Frédéric Malo observe des évolutions très concrètes.

Des constats de terrain qui poussent à évoluer

Son premier constat est climatique. Il ne parle pas seulement de réchauffement, mais de dérèglement des saisons : des périodes humides plus intenses, des périodes sèches plus marquées. Ses sols doivent pouvoir absorber ces extrêmes. « Il nous a paru important de réagir et de faire évoluer nos pratiques pour que nos sols soient plus à même d’accueillir ce temps, et ne pas se retrouver soit inondés, soit en manque d’eau », explique-t-il.

Le second point concerne la dépendance aux engrais d’origine étrangère. Le contexte géopolitique récent a renforcé cette prise de conscience : réduire cette dépendance et mieux valoriser les ressources présentes sur l’exploitation devient un enjeu stratégique.

Enfin, la diminution des périodes de gel favorise la survie de certains ravageurs. Cela l’amène à rechercher d’autres leviers agronomiques pour maintenir l’équilibre de ses parcelles.

Ces constats l’ont conduit à prendre du recul. Au second semestre 2024, il s’engage dans la Convention des Entreprises pour le Climat (CEC) Agri-Agro pour réfléchir à son exploitation à dix ans. Ce travail de projection l’amène logiquement, dans la continuité, à rejoindre le programme TRANSITIONS by Noriap en décembre 2025.

Un cadre pour transformer son système à l’échelle de toute l’exploitation

TRANSITIONS by Noriap est la déclinaison régionale du programme TRANSITIONS sur les territoires des Hauts-de-France et de la Seine-Maritime. Le dispositif accompagne des agriculteurs volontaires vers une agriculture bas carbone, plus résiliente, favorable aux sols et à la biodiversité.

Construit sur une base scientifique précise, le programme repose sur un socle agronomique, suivi dans la durée, avec un diagnostic initial, un plan d’action et un suivi de 4 indicateurs liés notamment aux sols (durée de couverture et quantité de carbone humifié restituée), au climat (émissions de gaz à effet de serre) et à la biodiversité (certification environnementale). Ce programme n’est donc pas un cahier des charges, mais un tableau de bord utile à l’agriculteur pour mesurer ses progrès.

Pour Frédéric, cet engagement ne peut se concevoir qu’à l’échelle de l’exploitation entière. « Avec ce programme, nous allons être accompagnés par Noriap dans cette évolution, avec une vision bien claire et commune de ce qu’on veut atteindre et comment l’atteindre. »

Sur le terrain, cet accompagnement se traduit par un travail régulier avec Pierre Delamare, technicien Noriap. Les décisions sont prises en cohérence avec le projet global de la ferme, avec un objectif clair : faire évoluer les pratiques tout en sécurisant les rendements et en maîtrisant le risque économique.

Rendre visible une démarche engagée

Frédéric souhaite pouvoir expliquer sa démarche à ses clients en circuit court. Non pas comme un argument commercial, mais comme la continuité logique de son travail agronomique.

Il envisage d’ouvrir davantage son exploitation pour montrer concrètement ses choix, ses pratiques et les objectifs qu’il s’est fixés.

Une vision collective et de long terme

Au-delà de sa propre ferme, Frédéric réfléchit déjà à l’échelle du territoire. La biodiversité, la gestion de l’eau, la résilience des sols sont des sujets qui dépassent les limites d’une seule exploitation. « J’espère qu’on pourra lancer des choses avec nos voisins pour progresser à l’échelle de plusieurs exploitations. »

À dix ans, il se fixe un cap : réduire de 50 % sa dépendance aux engrais minéraux, diminuer l’usage des produits phytosanitaires et améliorer durablement la vie de ses sols. Les indicateurs de suivi sont en cours de définition, mais la trajectoire est clairement engagée.

 

Pour mieux comprendre le programme TRANSITIONS by Noriap, un article dédié en détaille le fonctionnement et les principes : article à lire

 

 

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