Au Crotoy, sur une exploitation familiale tournée vers la polyculture-élevage, le travail se partage entre Clément, son père et ses deux oncles. Ensemble, ils exploitent 270 hectares de cultures et 80 hectares de pâtures, avec un troupeau de 120 mères charolaises. Sur la ferme, l’organisation repose sur la polyvalence de chacun.
Le ray-grass porte-graine est présent depuis plusieurs décennies sur l’exploitation. Introduit à une époque où le colza ne trouvait plus sa place sur la ferme, il s’est imposé comme une culture cohérente avec leur système. Aujourd’hui, Clément produit du ray-grass anglais pour SFP via des contrats à l’hectare, avec des prix fixés à l’avance, garantissant un débouché sécurisé et une meilleure visibilité économique. Comme il le résume : « Il ne nous reste plus qu’à produire et on n’a plus à gérer le prix ».

Un cadre technique exigeant pour produire de la semence
Produire de la semence implique de respecter un cahier des charges strict, notamment sur la qualité des parcelles. L’enjeu principal reste la maîtrise des adventices, avec un risque important de pollution par des espèces indésirables comme le vulpin ou le ray-grass sauvage.
Le désherbage constitue ainsi le point le plus technique de la culture, et certaines parcelles sont volontairement écartées lorsque les conditions ne permettent pas de garantir un niveau de propreté suffisant.
D’autres critères entrent en compte, comme les conditions de récolte et l’humidité du grain. L’exploitation est équipée pour répondre à ces exigences et livrer des lots conformes.
Produire de la semence, c’est accepter ce niveau d’exigence, mais aussi y trouver un intérêt : celui de développer une expertise technique pointue sur une culture à forte valeur ajoutée.

Un accompagnement technique du semis à la récolte
Pour sécuriser cette technicité, Clément n’est pas seul. La production de semences avec SFP repose sur un suivi technique régulier. Les agriculteurs sont accompagnés tout au long du cycle, du semis jusqu’à la récolte, avec des conseils adaptés à chaque étape.
Un suivi est assuré par les techniciens SFP pour ajuster les pratiques, conseiller et anticiper les points de vigilance.
« J’accompagne Clément du semis jusqu’à la récolte en l’aidant sur les différentes étapes techniques. L’exigence principale reste la propreté des parcelles et du lot récolté, avec un rôle clé du désherbage et du choix des parcelles. Ces cultures permettent aussi de diversifier l’exploitation, de sécuriser les revenus et d’apporter un intérêt agronomique, tout en restant compétitives économiquement et pleinement intégrées dans les assolements. » explique Pierre-Henri Martel, technico-commercial de Clément.
Ce suivi permet d’apporter un cadre et des repères techniques, tout en laissant à l’agriculteur la maîtrise de ses décisions et de ses pratiques.

Diversification, technicité et débouchés sécurisés
Au-delà de la technique, produire de la semence avec SFP s’inscrit dans une logique globale d’exploitation. C’est d’abord une manière de diversifier ses cultures et ses revenus, avec des marges supérieures aux cultures classiques. Un levier de sécurisation économique dans un contexte agricole incertain.
Elles présentent également un intérêt agronomique et technique, en apportant de la diversité dans les rotations et en valorisant certaines parcelles.
Enfin, produire de la semence, c’est aussi contribuer à une filière plus large, avec des débouchés qui dépassent le territoire local. Comme le souligne Clément, « la Picardie est un gros bassin de production en ray-grass anglais et c’est une fierté de produire pour les jardineries, pour le fourrage, partout en France et dans le monde. »







