Biogaz : Maximiser sa production avec les Cive

Sécuriser le gisement d’alimentation du méthaniseur est capital pour en optimiser le fonctionnement. Les Cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive) sont une source complémentaire d’alimentation et peuvent constituer un levier agronomique utile dans la rotation de l’exploitation agricole.

  1. Les intérêts agronomiques des Cultures intermédiaires à vocation énergétique

  2. Un pouvoir méthanogène supérieur

Jusqu’à présent, la méthanisation en agriculture s’est principalement développée avec un objectif de valorisation des effluents d’élevage. Néanmoins, en raison d’un pouvoir méthanogène plus élevé, les productions végétales présentent un intérêt pour optimiser le rendement énergétique. Elles sont aussi un moyen de sécuriser l’alimentation des digesteurs et de maîtriser le risque d’acidose.

 

Certains projets d’injection de biogaz, dans le réseau notamment, reposent d’ailleurs exclusivement sur un gisement végétal. L’utilisation des cultures principales de la rotation est réglementairement limitée à 15 % du volume. Les matières végétales introduites dans les méthaniseurs sont donc pour la plupart issues de Cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive).

essai cive

Des Intérêts agronomiques sur la rotation

Bien utilisées, les Cive peuvent représenter un levier agronomique intéressant :

  • couverture permanente du sol
  • structuration du sol

Ainsi, par exemple, des repousses de vulpin dans une Cive d’hiver seront détruites avant la montée à graines lors de la récolte précoce au printemps.

Autre exemple : une parcelle particulièrement contrainte par les zones de non-traitement (ZNT) pourra être cultivée en “zéro phyto” en alternant du seigle en culture principale avec une Cive à base de tournesol et de moha.

 

Bien que la Cive soit exportée, un retour au sol de matière organique est néanmoins assuré via les chaumes (1 tMS/ha pour 7 à 10 cm) et le système racinaire. L’apport de digestat permet aussi de couvrir les exportations.

 

Enfin, les Cive peuvent apporter une souplesse d’exploitation aux polyculteurs-éleveurs, dont les besoins fourragers varient selon les conditions météo.

 

Quels types et espèces de cultures intermédiaires à vocation énergétique choisir ? 

Cive d’été : la date de semis oriente le choix

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Les Cive d’été sont semées après la moisson des céréales et récoltées à l’automne, avant l’implantation d’une culture d’hiver ou d’une culture de printemps. L’objectif est de produire un maximum de biomasse (3 à 8 tonnes de matière sèche par hectare) sur une durée courte.

Les espèces sont choisies en fonction de la date de semis 

possible.

  • Derrière un méteil en culture principale, le semis est réalisable dès le 15 mai.
  • De même, un pois de conserverie récolté début juin permet un semis précoce.

Dans ces cas-là, le maïs reste l’option la plus productive, à condition d’adapter la précocité (-50 à -100 points d’indice par rapport aux références du secteur). Etant donné le coût de mise en place, il faut toutefois être sûr du potentiel. Un sorgho monocoupe, moins gourmand en eau, est également possible.

Pour les dates de semis plus tardives, le choix se portera sur :

  • Un sorgho multicoupes
  • Un mélange moha-nyger-tournesol
  • A partir du 15 août, un ray-grass d’Italie ou un mélange avoine-vesce permettront d’obtenir 3 à 4 tMS/ha

Durant cette période estivale, la pluviométrie aura bien sûr un impact déterminant sur le rendement. C’est pourquoi, l’approvisionnement du méthaniseur ne peut reposer que sur des Cive d’été.

 

Cive d’hiver : viser une récolte précoce

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Avec les Cive d’hiver semées en été et récoltées au printemps, le potentiel de rendement est plus élevé (8 à 12 tMS/ha) en raison de la durée de la culture et des précipitations plus fréquentes à cette saison. L’espèce la plus utilisée est le seigle, associé ou non à du triticale et/ou de l’orge. On peut aussi choisir un mélange de céréales et légumineuses. L’enjeu est d’obtenir de la biomasse à une date suffisamment précoce, afin de pouvoir implanter à la suite la culture de printemps principale. En effet, l’impact d’une Cive d’hiver n’est pas négligeable sur le déficit hydrique.

Une option consiste à semer un ray-grass d’Italie après la moisson, dans l’objectif d’effectuer une coupe d’automne puis une seconde coupe au printemps. Il s’agit alors à la fois d’une Cive d’été et d’une Cive d’hiver. Si l’avantage est de nécessiter une seule implantation, le potentiel de rendement est en revanche inférieur.

 

Une gamme d’espèces testée par Noriap

IMG_0821Depuis plusieurs années, Noriap mène des essais pour proposer aux agriculteurs une gamme adaptée en matière de Cive. Outre la recherche de précocité et de productivité, un des objectifs est de simplifier le travail du sol à l’implantation. C’est pourquoi des essais ont été mis en place en 2020 pour tester trois modalités (labour, déchaumage, semis direct) avant le semis de quinze espèces ou mélanges dédiés à la méthanisation. D’autres pistes sont étudiées comme le semis de Cive à la volée avant la récolte des céréales, ou le semis d’une luzerne sous couvert d’un méteil destiné à l’élevage.

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La problématique des repousses de céréales est également prise en compte. Il s’agit de trouver des Cive suffisamment concurrentielles pour prendre le dessus sur les repousses. De même, il faut être vigilant concernant par exemple la difficulté de désherbage d’un ray-grass d’Italie utilisé comme Cive dans une céréale à suivre.

 

En conclusion, les CIVE, qu’elles soient d’été ou d’hiver, représentent un véritable complément aux effluents d’élevage et donc maximise la production des méthaniseurs.

 

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